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Les assises 2009-2010


Lors de la conclusion de l’accord du gouvernement fédéral du 18 mars 2008, il a été prévu de lancer des « Assises de l’Interculturalité ».

L’accord de gouvernement précise, en effet, que « Dans le cadre du développement d’une société ouverte et tolérante, le gouvernement favorisera le respect de nos valeurs démocratiques communes et organisera des « Assises de l’Interculturalité » composées de l’ensemble des représentants concernés et chargées de formuler des recommandations au gouvernement en vue de renforcer la réussite d’une société basée sur la diversité, le respect des spécificités culturelles, la non-discrimination, l’insertion et le partage des valeurs communes. »

Le gouvernement a préféré, à la notion de « multiculturalité », celle de l’« interculturalité ». La multiculturalité, en effet, désigne simplement la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses, etc.) au sein d’un même ensemble, alors que l’interculturalité évoque le lien interpersonnel, le dialogue, l’insertion, le projet collectif qui allie unité et diversité, respect des identités et projet collectif.

La Belgique, qui a beaucoup investi dans les politiques d’intégration, peut devenir un pays pionnier en matière d’interculturalité car son existence même se fonde sur le brassage de cultures et de langues différentes. Elle doit faire le pari de la réussite d’une nouvelle forme de pluralisme : le pluralisme culturel, parallèlement à celle du pluralisme politique, un pluralisme qui mise à la fois sur la citoyenneté et les valeurs communes et sur la reconnaissance de différentes identités ouvertes.

Avec le développement, dans l’ensemble des pays européens et en Belgique, d’une troisième ou quatrième génération issue de l’immigration, avec les conséquences des nouvelles vagues d’immigration et des politiques de régularisation au sein de l’Union européenne, avec une certaine mondialisation de la mobilité humaine, nous avons besoin d’affiner et de faire évoluer la manière dont nos démocraties occidentales doivent appréhender l’interculturalité. Nous devons dessiner avec des regards innovants la manière harmonieuse de faire coexister et de fédérer, dans un même espace national ou régional ou local, dans des entités de vie quotidienne, dans des milieux éducatifs ou socio-professionnels, des citoyens, jeunes ou moins jeunes, aux histoires, passés, cultures, religions et langues d’origines différentes.

Nous devons plus que jamais développer, dans ce cadre, à la fois une politique de citoyenneté forte et d’adhésion à des valeurs communes indispensables à la cohésion sociale, une politique de respect des différences et identités plurielles et une politique ferme de lutte contre les discriminations sous toutes leurs formes et les types de racisme qui y sont liés.
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